L'atelier du Sanctuaire

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Les premiers nés : les Kurii

Les Kurii

 

 

Sur la grève à peine éclairée par l'aube, l'onde

Couronnée d'écume, venue de l'Océan,

S'étend puis se détourne de la grise plage.

D'est venu, le char solaire ce bleu paysage

Embrase ; alors l'azur s'emplit du vol de grands

Oiseaux blancs, unis en une aérienne ronde.

 

Sur la grève, une marine nymphe à la pâle

Silhouette ruisselante de sel et d'embruns,

Les yeux clos, s'est endormie, sombrant en son rêve…

 

…Le ciel de ses pensées se déchire, s'ouvrant

Sur la nuit de pourpre parsemée d'étoiles d'or.

Son âme s'élève à travers les nuées, puis

S'engage en un vert jardin par les dieux bénis ;

L'azur est transpercé par l'éclat d'un météore.

En cet éden s'ouvre un porche à deux lourds battants :

Un roi, couronné de feu et drapé de gloire,

S'approche de la belle : son pas silencieux

Apaise les maux de la terre, et il disperse

Les démons, le lourd sablier du temps renverse.

De froids brasiers enflamment l'éclat de ses yeux.

Elle, séduite, l'aime en un grand lit d'ivoire…

 

La marine nymphe s'éveille sur la grève,

Sur l'arrondi de son ventre alors pose sa main.

Rejoint Océan, les profondeurs abyssales.

 

 

Sur la grève, en un si doux matin de printemps,

La marine nymphe donna le jour à des

Jumeaux : Kura et Kuros, «sur le sable nés».

Ces deux petits grandirent parmi les oiseaux

Et les vagues : pupilles de l'air et de l'eau.

Frère et sœur apprirent alors, au fil des ans,

Élevés par leur divine mère, à parler

Avec les créatures des nuées, de l'onde :

Kuros répondait aux appels des goélands,

Sa sœur à ceux des créatures d'Océan.

 

Un soir, leurs complaintes se firent vagabondes,

Et l'on vit Kura, son frère, se transformer

Elle en dauphin, lui en grand albatros blanc.

Leur mère s'en effraya et les rappela

Auprès d'elle. Ils revinrent et d'autrefois

Leur première forme reprirent : celle d'enfants.

Ils avaient acquis le pouvoir de se changer

En créatures marines, aériennes.

 

Le grand Aïon voyant cela s' inquiéta

Du si puissant pouvoir de ces jeunes jumeaux.

Kuros, Kura, convoqués avec leur mère au

Séjour des Bienheureux, furent par le grand roi

Aïon jugés :

 

«Jeune enfants, quoiqu'il advienne,

Bien qu'issus d'une déesse, vous ne pouvez

Rester dotés de si puissants pouvoirs et vivre

Éternellement comme tous mes descendants !

Je vous enjoins alors à choisir prestement

Entre l'immortalité divine ou survivre

Mortels mais pouvant vous muer à volonté,

Adopter la forme de toute créature ! »

 

N'écoutant que leurs passions les jumeaux alors

Brisèrent le cœur de leur mère et choisirent

De garder leurs pouvoirs, de suivre leurs désirs.

Leur mère pour les suivre réclama la Mort,

Elle l'obtint et s'effaça des âges futurs.

 

 

Les jumeaux regagnèrent les cieux ou les eaux ;

Sous leurs formes aériennes ou marines

Procréèrent parmi les oiseaux, les poissons :

Alors naquirent de ces étranges unions

Des êtres merveilleux au regard d'opaline,

Mortels, magiciens, ayant le sable pour berceau,

Aussi beaux que les dieux, pouvant changer sans cesse

D'apparence au gré de leur fantaisie : on

Les nomma dès lors les étranges Kurii,

Dont les ancêtres abandonnèrent pour l'ivresse

De la liberté,

Leur immortalité…



23/06/2013

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