L'atelier du Sanctuaire

L'atelier du Sanctuaire

Mermaid Forest

On connaît prin­ci­pa­le­ment Ru­mi­ko Ta­ka­ha­shi pour ses oeuvres co­miques et sen­ti­men­tales (Lamu, Mai­son Ik­ko­ku, Ranma ½) qui ont été de grands suc­cès po­pu­laires. A côté de ces oeuvres pour ado­les­cents, la man­ga­ka sait aussi se faire plus grave et écrire des man­gas sé­rieux. Mer­maid Fo­rest en est cer­tai­ne­ment le meilleur exemple puis­qu'elle adapte des su­jets qu'elle af­fec­tionne, comme les mythes et lé­gendes ja­po­nais, mais cette fois-​ci sur un ton adulte. Tou­te­fois nous ne par­le­rons pas de manga trop peu connu mais de sa ver­sion ani­mée que Kaze a eu la bonne idée de sor­tir.

Mer­maid Fo­rest tourne au­tour du concept de l'im­mor­ta­li­té, état qui se ma­ni­feste après l'ab­sorp­tion de chair de si­rène qui est un vé­ri­table vec­teur de vie éter­nelle ou à l'in­verse un ef­froyable poi­son dans la ma­jo­ri­té des cas. Yuta est unique : âgé d'une ving­taine d'an­nées, il a goûté à cet mets pas comme les autres et le voilà au­jourd'hui à en­vi­ron 500 ans dans le Japon contem­po­rain. Il n'a ja­mais ren­con­tré quel­qu'un comme lui et vit son im­mor­ta­li­té comme un far­deau, re­cher­chant déses­pé­ré­ment une si­rène qui connai­trait le se­cret pour le faire vieillir comme les autres. Lors d'une de ses quêtes, il ren­contre Mana, une autre im­mor­telle qu'il sau­ve­ra d'un sombre des­tin et qui l'ac­com­pa­gne­ra dans ses fu­tures aven­tures.

 

L'anime tranche consi­dé­ra­ble­ment avec les autres oeuvres de la man­ga­ka sur le plan du scé­na­rio puisque l'heure n'est pas au co­mique mais au tra­gique. Tour­née da­van­tage sur la psy­cho­lo­gie des per­son­nages et les drames hu­mains que sur l'ac­tion, Mer­maid Fo­rest ap­pa­raît dès lors comme une série fan­tas­tique assez sombre. Il faut dès lors por­ter une at­ten­tion par­ti­cu­lière aux per­son­nages prin­ci­paux, ce que fait Ta­ka­ha­shi pour Yuta, lui don­nant un fond qui per­met de com­prendre cha­cune de ses ré­ac­tions. Le jeune homme s'ap­pro­chant des 500 ans, on le verra ainsi dans des his­toires sur­ve­nues à dif­fé­rentes époques qui ap­portent un charme his­to­rique et de l'ori­gi­na­li­té à une his­toire an­crée dans le pré­sent et pour­tant sur­na­tu­relle. En effet, Ru­mi­ko Ta­ka­ha­shi trouve là un for­mi­dable sujet pour re­pré­sen­ter les mythes ja­po­nais, celle de la si­rène en par­ti­cu­lier. On est loin de la ver­sion oc­ci­den­tale puisque ces créa­tures sont dé­mo­niaques et mons­trueuses, tout comme les hu­mains ayant mangé leur chair. L'anime offre alors son lot de monstres hi­deux et de gore. Oui, cette oeuvre n'est as­su­ré­ment pas pour le pu­blic ha­bi­tuel de l'au­teur (quoique Inu Yasha s'en rap­proche). On re­gret­te­ra juste la ré­pé­ti­ti­vi­té des his­toires, où l'on ren­contre tou­jours une fa­mille qui pos­sède des restes de si­rène qu'elle uti­lise à mau­vais es­cient, et le fait que Mana soit at­teinte par le syn­drome Kim Bauer (je me pro­mène et je tombe in­évi­ta­ble­ment sur des psy­cho­pathes).

On re­trouve avec plai­sir le style gra­phique de Ru­mi­ko Ta­ka­ha­shi, Yuta ayant d'ailleurs un faux air de Ryoga, bien mis en avant par une ani­ma­tion soi­gnée. Les des­si­na­teurs ont fait un ef­fort au ni­veau des dé­tails his­to­riques et des cou­leurs pour rendre l'anime en­core plus at­trac­tive, en par­ti­cu­lier sur le on­zième épi­sode. On est à chaque fois trans­por­té dans un uni­vers dif­fé­rent et tou­jours in­quié­tant. Les tons sombres, par­fois très contras­tés par un blanc an­gé­lique, et la mu­sique an­gois­sante viennent ren­for­cer cet effet. Le dou­blage est de qua­li­té, uni­que­ment dis­po­nible en ja­po­nais, et on a juste le droit aux sous-​titres fran­çais et néer­lan­dais qui ne sont d'ailleurs pas exempts de fautes d'or­tho­graphe. Les bonus sont som­maires avec les ha­bi­tuelles bandes-​an­nonces de l'édi­teur et une ga­le­rie de des­sins.

 

 


La ver­sion anime de Mer­maid Fo­rest
fait hon­neur au manga de Ru­mi­ko Ta­ka­ha­shi puisque l'ani­ma­tion est les gra­phismes sont de qua­li­té, bien aidés par un scé­na­rio tra­vaillé. Les fans des oeuvres les plus connues de la man­ga­ka de­vraient trou­ver là un nou­veau ter­rain de jeu, certes moins co­mique mais tout aussi pre­nant.



22/11/2009

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